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4 étapes de la gestion de la colère





Oui, il y a colère et colère. Parfois, la colère peut s'avérer utile, pour ne pas dire, nécessaire, par exemple quand elle est destinée à vous protéger d'une agression.


Une personne victime d'une tentative de vol à l'arrachée peut mettre en déroute son agresseur en se mettant en colère, plutôt qu'en se soumettant.


Dans ce contexte, la colère est un mécanisme de défense, classé dans la catégorie des mécanismes de défense matures.


Mais bien souvent, la colère n'est qu'une réaction épidermique, disproportionnée, à une situation somme toute banale si l'on prend du recul. Elle est alors déclenchée par une accumulation de facteurs, comme la fatigue, des frustrations ou des déconvenues survenues dans les heures précédentes.


Et tout d'un coup, vous explosez : la fameuse goutte d'eau qui fait déborder le vase. C'est cette colère là que nous allons essayer de canaliser.


Jusqu'à très peu de temps en arrière, je proposais de la libérer en criant dans un coussin, en tapant sur un punching ball ou en se défoulant, mais je me rends compte que finalement cela ne fait que nourrir cette habitude de déchaîner cette forme de violence.


Donc, cette méthode a plutôt tendance à nous habituer à exprimer la colère d’une manière qui pourrait causer du tort à notre environnement et à nous-mêmes.


Retenons que la colère, à l’image de toutes les émotions, est un voyant sur un tableau de bord. Elle nous alerte sur la non-satisfaction d’un besoin.


« Il est important de comprendre que le déclencheur de notre colère n’en est pas la cause. »


Ce ne sont pas ce que font les autres qui déclenche notre colère mais ce qui se passe en nous en réaction à ce qu’ils font.


C’est la première étape de la gestion de la colère :


1) Définir clairement le déclencheur, sans y ajouter sa propre évaluation ou son propre jugement.


Nous avons tendance à confondre le déclencheur et la cause de la colère parce que nous avons été habitués ainsi (éducation, société). Il se peut que nous continuions aujourd’hui à créer la confusion avec nos enfants ou avec nos conjoints.


Par exemple, quand nous disons :

« ça me rend malade quand tu ne ranges pas ta chambre » ou encore « ça m’énerve que tu sortes tous les soirs de la semaine ».


Ainsi, on dit à l’autre que son comportement influe directement sur le notre. On mélange cause et déclencheur dans un but de manipulation…

Car, en réalité, c’est notre réaction personnelle (nos pensées, notre interprétation) face au comportement qui provoque notre colère.


Le déclencheur est le comportement de l’autre.

La cause est ce qui se passe en nous.


La première étape de la CNV consiste donc à identifier le déclencheur de notre émotion et à le distinguer de notre propre évaluation, véritable cause de la colère.

2) Prendre conscience que c’est notre évaluation -jugements moraux- qui provoque notre colère.


Ce sont nos jugements qui sont la source de nos réactions de colère. Il est donc important de se rappeler de la phrase suivante :


Je me sens (comme ceci) parce que je pense certaines choses qui présument que l’autre a mal agi.


Marshall Rosenberg donne l’exemple d’un évènement personnel qui a déclenché de la colère chez lui :


En essayant de séparer des élèves qui se battaient, l’un d’eux lui a malencontreusement donné un coup de coude sur le nez. Marshall Rosenberg a immédiatement ressenti de la colère.


Le lendemain, le même évènement n’a pas déclenché de colère chez lui.

Au delà de la douleur physique, il nous explique que la colère du premier jour s’est déclenchée parce qu’il avait un jugement négatif vis à vis de l’élève : « c’était un sale gamin pourri gâté ». La cause était cette émotion et pas le geste malencontreux de l’enfant.

Cette hypothèse s’est donc vérifiée dès le lendemain car, à ce moment-là, Marshall Rosenberg modifia l’image qu’il entretenait de cet enfant, le considérant en souffrance, la colère était restée mette.

3) Rechercher le besoin insatisfait à l’origine de notre colère


Derrière une émotion telle que la colère se trouve un besoin non-assouvi. Les jugements que nous portons sur les autres sont des expressions déformées de nos besoins insatisfaits.


Or, en critiquant, nous nous éloignons d’autant plus de la satisfaction de nos besoins car nous provoquons une réaction de défense chez l’autre. Cela crée des tensions et une absence de coopération.


Si la personne fait ce qu’on lui demande, sa motivation sera plutôt de l’ordre de la peur d’être sanctionnée ou jugée, de la culpabilité ou la honte.


La CNV permet au contraire de déclencher de l’engagement volontaire d’autrui.

Connectons nous à nos besoins plutôt que d’acculer les autres avec de la colère (qu’ils nous renverront d’une quelconque manière).

A ce stade, nous devons apprendre à exprimer nos besoins.

Marshall Rosenberg liste les besoins fondamentaux qui nous animent tous dans son livre « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) ». Ils sont regroupés en plusieurs catégories


Autonomie, Célébration, Intégrité, Interdépendance, Nourriture sur le plan physique, Jeu, Communion d’esprit.



4) Engager le dialogue avec l’autre, une fois que notre colère est transformée en d’autres sentiments.


Nous avons maintenant tous les éléments pour engager le dialogue avec l’autre.


L’articulation se fera ainsi :


1) Nous dirons à l’autre ce qui a déclenché notre colère : le comportement qu’il a eu et qui n’était pas en accord avec nos besoins. Pour rappel, il s’agit d’une description sans jugement.


2) Nous exprimons ce que nous ressentons. Il ne s’agit pas de la colère puisqu’elle s’est transformé en une autre émotion tout au long du processus qui nous a mené à l’identification du besoin. Je suis triste, je suis frustré, j’ai peur, etc.


3) Nous nommons maintenant les besoins qui ne sont pas satisfaits chez nous.


4) Enfin, nous demandons clairement à l’autre ce que nous attendons de lui pour satisfaire nos besoins.

Ce processus de communication qui nécessite, vous l’aurez compris, un certain entrainement avant d’être maitrisé, contribuera à améliorer votre vie.


En effet, lorsque nous cessons de juger, d’accuser, de critiquer pour nous recentrer sur nos émotions et nos besoins et si nous formulons des demandes claires, l’autre est motivé pour agir positivement.

Dans l’éducation, ceci explique l’inefficacité des punitions par exemple. On essaye de changer le comportement d’un enfant en lui insufflant une motivation malsaine à base de peur, de honte et de culpabilité.


L’effet escompté est même souvent l’inverse de celui voulu par les parents. L’enfant va ressentir de la colère et du ressentiment.


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